Politique

 

Sarkozy provoque des tensions diplomatiques

avec l'Allemagne

 

 


Sarkozy piétine l'amitié franco-allemande

 

 

Dans ses meetings de Caen (09/03) et de Nice (30/03) Sarkozy a ravivé sans scrupules les ressentiments anti-allemands les plus bornés  et ses propos au sujet du national-socialisme et de la Shoah font polémique en Allemagne

«  la France n’a jamais cédé à la tentation totalitaire. Elle n’a jamais exterminé un peuple. Elle n’a pas inventé la solution finale, elle n’a pas commis de crime contre l’humanité, ni de génocide.. » 

D'abord c'est oublier un peu vite le zèle extrême de Vichy, et le fait que les premières lois anti-juives furent édictées hors de la pression de l'occupant ; en gage de bonne volonté pour ainsi dire...
Mais c'est oublier surtout, et c'est tout l'intérêt de ce débat dont la profondeur a l'air de laisser N. Sarkozy interdit, que dans l'expression crime contre l'humanité est également impliquée l'idée de  "crime de l'humanité contre l'humanité"S'absoudre de la possibilité même de ce genre d'erreur collective parce que l'on est né français ou moldave est proprement débile, sauf à se ranger parmi les surhommes... ce qui colle parfaitement à la personnalité hystérique et narcissique du sujet considéré (Cf. rubrique 'psycho)

Quoi qu'il en soit, les images re-montées et sous-titrées en allemand des metings de Caen et de Nice circulent depuis début avril sur le web germanophone.  La polémique a été relayée par une quinzaine de titre de la presse quotidienne régionale, et par plusieurs quotidiens nationaux  allemands, au premier rang d'entre-eux le Frankfurter Allgemeine Zeitung du 13/04 sous le titre

"Sarkozy greift Deutschland an" (Sarkozy attaque l'Allemagne)


La polémique a refranchit la frontière sous la forme d'un éditorial du Monde du 20 avril intitulé : La campagne porte en germe des conflits profonds entre Paris et Berlin:

Le discours musclé sur l'identité nationale, les petites phrases répétées dans lesquelles le candidat Sarkozy a renvoyé à l'Allemagne son passé nazi - "la France n'a pas rougir de son histoire, elle n'a pas commis de génocide, elle n'a pas inventé la solution finale", a-t-il dit à Nice le 30 mars - ne sont pas passés inaperçues.
 

Ces dérapages répétés ont également motivé une tribune de Daniel Cohn-Bendit dans libération "Bad trip à l'Elysée"  :

Evidemment, certains préfèrent refuser de voir la France multiculturelle et renchérir avec leur baratin du ministère de «l'Immigration et de l'Identité nationale» au lieu de comprendre que la question de l'immigration ne se résoudra que quand les Etats opteront pour l'approche communautaire.
[...]Au même titre d'ailleurs que le sentiment antiboche. A une époque, les Européens parlaient de «réconciliation» ... Aujourd'hui, certain se gausse de ne pas avoir «inventé la solution finale» quand Merkel écrit au mémorial de Yad Vashem : «L'Humanité grandit en assumant la responsabilité du passé.» Chacun son style !

 

C'est qu'outre-Rhin  on ne comprend pas comment Sarkozy qui attaque les allemands si explicitement, pourrait faire vivre le couple  franco-allemand si d'aventure il était élu ?

Doit-on s'attendre à ce que, dans le cas d’une présidence Sarkozy, pro-atlantiste déclaré, l’amitié franco-allemande, fondement de la construction européenne, en vienne à appartenir au passé  ? Pour mieux saisir quelle erreur à la fois morale et géo-stratégique représente ce choix , rien de tel que d'accoler en video le discours de Jacques Chirac sur la responsabilité de l'Etat français dans les crimes de Vichy et les vociférations nationalistes de Nicolas Sarkozy en meeting  : deux conceptions de l'histoire et de l'Europe diamétralement opposées :


Chirac et Sarkozy : deux conceptions de l'Europe diamétralement opposées

 

 


 La polémique Sarkozy dans la presse allemande

 et germanophone

 

Täglicher Anzeiger :  Streit um mögliche Annäherung von Sarkozy und Le Pen (disputes autour du rapprochement Sarkozy-Le Pen)



Tages Spiegel : Buhlt Sarkozy um Anhänger von Le Pen?



Basler Zeitung (CH) : Äusserungen zu Nazi-Deutschland: Sarkozy in der Kritik
 

Kurier (AT) : Nazi-Deutschland

 

N24 (D) : Sarkozy wegen Nazi-Äußerungen in der Kritik



Netzeitung (D) : Sarkozy wegen Nazi-Äußerungen in der Kritik



T online : Seltsames Spiel mit den Rechtsextremen (jeu dangereux avec les extrême-droites)

 
Bocholter-Borkener Volksblatt : Le Pen und Sarkozy - Frankreichs neue Rechte?



Neuß-Grevenbroicher Zeitung : Le Pen und Sarkozy - Frankreichs neue Rechte?
 

Rheinische Post : Le Pen und Sarkozy - Frankreichs neue Rechte?



Oberbayerisches Volksblatt : Der keine Grenzen kennt (celui qui ne connait pas de limites) 

Da sollte es nicht wundern, dass dem vor Ehrgeiz fast platzenden Nicolas Sarkozy im Wahlkampf nahezu jedes Mittel recht ist, um auf den noch von Jacques Chirac besetzten französischen Präsidenten-Thron klettern zu können: Sogar gegen Nazi-Deutschland gerichtete Äußerungen sowie die hemmungslose Verwendung von Worten wie „Endlösung" und „Ausrottung einer Rasse".

Il n'étonnera personne qu'un Nicolas Sarkozy à deux doigts de concrétiser son ambition ne soit prêt a employer presque n'importe quel moyen dans la compétition électorale, afin de grimper sur le trône de Président des Français encore occupé par Jacques Chirac : aussi bien les déclarations dirigées contre l'allemagne nazie que l'emploi effréné de formules comme "solution finale" et "extermination d'une race"

[...]
Der Weg, den Sarkozy - Prediger für Recht und Ordnung sowie Großmeister der nationalen französischen Identität mit besonderer Vorliebe für alte Schlachtgesänge wie die Marseillaise - einschlägt, stimmt nachdenklich: Die Zeiten, in denen es während eines Anfalls von Nationalpatriotismus opportun war, mit dem Finger auf den alten Feind östlich des Rheins zu zeigen, sollten eigentlich auch in der Pariser Polit-Schickeria der Vergangenheit angehören.

Le style adopté , Sarkozy en prédicateur de la Loi et de l'Ordre aussi bien que Grand Maître de l'indentité nationale française manifestant un amour particulier pour les vieux chants de bataille comme La Marseillaise, laisse songeur : on croyait révolu, y compris au sein des chicailleries politiques parisiennes,  le temps où il était bien vu, au cours d'une grande envolée patriotique, de pointer le doigt vers le vieil ennemi d'outre-Rhin

 


La presse & la blogosphère francophone


Jean Quatremer : La nausée

 

Guy Birenbaum : Boute-feu


Schneidermann : chronique Rebonds / Libération

 

Les Echos : Guigou critique les propos de Sarkozy sur l'Allemagne

 

Le Monde : La campagne porte en germe des conflits profonds entre Paris et Berlin

 

Le Soir (B) : oui, Nicolas Sarkozy est dangereux